Depuis début juillet, nous proposons aux randonneurs ayant fréquenté les GR67, GR70 ou dont le parcours les a amené à faire halte au Gîte du Mas Audibert des Aigladines de nous laisser ici leurs impressions par le biais du formulaire ci-dessous.
Nous mettons à jour les contenus pour cette section et vous transmettrons ici les infos reçues au fur et à mesure de leur arrivée.
Merci pour votre participation, à très bientôt...
MESSAGE RECU LE 04.08.2010 DE MICHEL56 -------------------------------------------------- votre NOM (ou pseudo) = Michel56 - votre ADRESSE MAIL (facultatif) = - vos DATES de rando = juin2010 - vos PARCOURS, GR impruntés, étapes... = GR67 depuis les Aires et GR70 vers St Jean du Gard - et bien sûr VOS COMMENTAIRES, INDICATIONS UTILES... = beauté des paysages, balisage correct, bon accueil aux Aigladines (copieux repas, soirée très sympa!!!!)
22 km entre les Aires et le gite Audibert des Aigladines.
2h pour faire la descente vers St Jean du Gard, retour à Anduze par le petit train à vapeur que je recommande - vous acceptez la diffusion de vos commentaires sur notre site = oui --------------------------------------------------
Sur le versant méridional du massif central depuis l'imposante stature du Mont Lozère et la plaine agricole de la gardonnenque bordé à l'ouest par la vallée borgne et le gardon de Saint Jean du Gard et à l'est par la vallée de la Cèze, les Cévennes offrent un Pays d'une beauté exceptionnelle.
C'est ce Pays que Stevenson découvre en 1878 à l'occasion de son voyage avec un âne à travers les Cévennes, après avoir difficilement atteint le sommet d'une crête il écrit :
"... quoique il eût été longuement désiré ce fut tout à fait incidemment que mes yeux aperçurent l'horizon par delà les sommets voilà qu'au lieu de rudes contreforts herbeux que j'avais escaladé une perspective s'ouvrait dans l'étendue brumeuse du ciel et un Pays d'inextricable montagnes bleues s'étendait à mes pieds, j'étais dans les Cévennes au bout de tout mon voyage ; mais il y a là un sens strict et local de cette appellation auquel seulement cette région hérissée et âpre à mes yeux à quelques droits et les paysans emploient ces termes dans ce sens là, ce sont les Cévennes... "
Ce pays de serres et de valats et un pays secret soucieux de sa liberté et son indépendance, il ne se révèle qu'à ceux qui savent prendre le temps de s'arrêter pour découvrir sa nature profonde. Elle se niche dans cette constellation de Mas, de hameaux, de villages et dans ceux qui les habitent.
Au fil des siècles et d'une histoire mouvementée un pays s'est forgé par le travail de l'homme autour de valeurs fortes qui ont fondées un mode de vie, une identité cévenole.
Les 3 roches : calcaire, granite et schiste
Les massifs cévenols sont constitués de roches variées : les roches de l’ère primaire du socle ancien : - des schistes, sur lesquels poussent les châtaigniers - les granites, plus résistants à l’érosion, constituent les sommets les plus élevés : mont Aigoual et Mont Lozère les roches de l’ère secondaire qui recouvrent les contreforts des massifs schisteux et granitiques : - les roches calcaires, dolomies, grès…
Le tout est limité au sud-est par la fameuse faille des Cévennes, qui n’est plus active aujourd’hui. On a donc trois régions géologiques totalement différentes : le Mont Lozère et le Mont Aigoual en granite, les vallées cévenoles en schiste, et les causses en calcaire. Notons la présence de calcaire au sud du Pays Cévennes, notamment sur tout le bassin alésien.
Trois roches, trois types de paysages, trois agricultures, trois cultures, trois mondes…
Le calcaire a généré ici d’immenses plateaux au relief peu marqué, de loin en loin profondément entaillés par des gorges. Autrefois boisés, ils sont aujourd’hui pour l’essentiel dénudés, la pierre apparaît presque partout, la culture est possible en de rares endroits seulement, les moutons arrivent à y trouver, en pâturage extensif, une maigre pitance dont l’absorption leur permet de produire un lait peu abondant mais d’excellente qualité qui part vers l’Aveyron pour être transformé en Roquefort.
Le granite donne également lieu à des reliefs peu marqués, vastes épaulements arrondis desquels émergent des chaos rocheux aux formes étranges et multimillénaires. Ici, l’eau ne s’infiltre pas : elle reste en surface, apportant au pays une verdeur qui achève de faire la différence avec les Causses. Les reines du lieu sont les vaches, elles donnent peu de lait, mais hélas pour elles leur viande. Les humains, quant à eux, sont rares et dispersés en hameaux frileux.
Le schiste, quant à lui, est une roche nerveuse qui part en éclats acérés. Les vallées cévenoles sont à la même image : tortueuses, déchirées, mouvementées… Incroyable dédale naturel, de tous temps utilisé pour se cacher de l’ennemi, qu’il soit catholique à l’époque des camisards (encore aujourd’hui, les protestants sont largement majoritaires sur le territoire), allemand à celles des maquisards…
Heureusement, situées au sud-est de la ligne de changement climatique (quelques petits kilomètres font toute la différence), elles sont déjà en territoire méditerranéen : le climat y est chaud, la végétation en bonne partie composée de chêne vert (qui est ici chez lui) et de châtaignier (qui a été planté mais qui s’est bien plu). Les serres (arêtes rocheuses émergeant de la végétation) sont le territoire de prédilection des chèvres, que les néo-ruraux comme les anciens exploitent pour fabriquer le Pélardon.